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Créocéan
À la frontière entre la terre et la mer, les estuaires constituent des milieux à part. Ni tout à fait marins, ni totalement continentaux, ces espaces de transition abritent une richesse écologique remarquable. Leur rôle dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques est essentiel et leur préservation, plus que jamais, une priorité.
Les estuaires jouent un rôle multiple dans la vie des espèces aquatiques. Ils servent à la fois de zones de reproduction, de territoires d’alimentation et de couloirs de migration pour les espèces amphihalines, dont le cycle de vie alterne entre eau douce et eau salée. Ces milieux offrent des conditions particulièrement favorables grâce à la diversité de leurs habitats et à l’abondance de ressources alimentaires. Cette richesse en fait des nurseries naturelles pour de nombreuses espèces.
Malgré leur importance, ce sont des environnements fortement vulnérables. Ils subissent de nombreuses pressions : activités humaines, aménagements, artificialisation des berges, mais aussi variations hydrologiques naturelles qui peuvent modifier rapidement leurs équilibres. Dans ce contexte, leur suivi scientifique est indispensable pour comprendre leur évolution et mettre en place des actions de gestion adaptées.
L’évaluation de l’état écologique des estuaires s’inscrit dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Ce dispositif européen vise à atteindre et maintenir le bon état écologique des masses d’eau. Le suivi des peuplements aquatiques, et notamment des poissons, constitue un indicateur clé pour évaluer la qualité des milieux et orienter les politiques de préservation.
C’est dans ce cadre que Créocéan intervient pour le compte de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, en réalisant des campagnes de suivi dans plusieurs estuaires bretons. Les équipes assurent le suivi de plusieurs masses d’eau de transition, caractérisées par de fortes variations de salinité, de hauteur d’eau et d’hydrodynamique, notamment sur la Rance, le Léguer, le Jaudy, le Trieux, l’Aven et la Laïta.
Sur le terrain, différentes méthodes sont déployées pour caractériser les peuplements :
Une attention particulière est portée à la limitation de l’impact sur les organismes : les individus capturés sont maintenus en vivier puis rapidement remis à l’eau.
Les données collectées permettent de calculer l’indicateur “poisson” DCE, fondé sur plusieurs critères :
Cet indicateur “poisson”, couplé à d’autres indicateurs, permet d’évaluer l’état écologique des masses d’eau de transition, de suivre l’évolution des peuplements dans le temps et d’orienter les actions de gestion et de restauration.
Au-delà des outils et des indicateurs, c’est l’expertise des équipes de terrain qui garantit la qualité des données recueillies. Réaliser ces campagnes dans des milieux dynamiques et contraints demande rigueur, adaptabilité et connaissance fine des écosystèmes et des espèces qui les peuplent. Le suivi des estuaires est ainsi un travail de précision, indispensable pour mieux comprendre ces milieux complexes et mieux les protéger.
Equipe mobilisée : Cécile Persohn - Responsable du pôle Océanographie Créocéan | Alice Vidal - chargée d’études en environnement marin Créocéan | Mickael Vallée - Assistance Nautique Travaux Maritimes | Muséum national d'Histoire naturelle de Dinard | Rédaction : Céline Souil - Photographies : Cécile Persohn
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